Créer votre entreprise
17 mars 2006
De nos jours l’idée de créer son entreprise connaît un fervent succès. En effet, beaucoup de salariés aspirent à être maître de leur destin, à se mettre à leur compte.
En 1992, six millions de français avaient pour ambition de monter leur propre affaire. En 2002 ce chiffre était de 13 millions. Toutefois, la pratique montre que seuls 2% passent à l’acte, ce qui représente 230.000 créations d’entreprises par an dont 60% de commerces (débits de tabac, cafés...)
Cette aspiration mérite tout de même d’être mûrement réfléchie compte tenu des risques importants que comporte cette belle aventure. Les statistiques montrent que sur 100 créations d’entreprises seules 70 dépassent le cap de la première année, 50 la seconde année, 35 la troisième année et seulement 25 la quatrième année.
L’objectif de tout créateur d’entreprise est d’être parmi les 25% qui restent viables après 4 ans.
I. Les principes de bases
Les professionnels estiment qu’une création d’entreprise dépend de quatre facteurs clés de succès :
A. Le créateur : c’est la clé de voûte de la grande aventure que représente la création d’une entreprise. Même si on estime qu’il n’existe pas de profil type pour un créateur d’entreprise, on s’accorde à dire qu’un bon créateur entreprise doit nécessairement avoir certaines qualités : la ténacité au choc psychologique, une bonne santé, le bon sens, la curiosité et l’ouverture d’esprit. Un chef d’entreprise doit enfin être, comme Napoléon le dit si bien, un "marchand d’espérance", un véritable meneur d’équipe.
B. L’idée : à la base de toute création d’entreprise il y a une idée. Cependant toutes les idées ne peuvent pas faire l’objet d’une création d’entreprise.
Il existe des gisements d’idées qui sont exploitables à travers les voyages ou les discussions avec des chefs d’entreprises qui ont souvent beaucoup d’idées inexploitées. Les statistiques douanières constituent également une formidable source d’idées puisqu’elles permettent de connaître les produits étrangers qui se vendent le mieux au niveau local.
Enfin, il y a des salons et foires comme le salon mondial des inventions de Genève ou la Foire internationale d’Atlanta.
Il est utile de savoir qu’il existe des organismes spécialisés dans la recherche d’idées de création d’entreprise.
A coté des gisements d’idées il existe une alternative qui consiste à trouver l’idée soi-même. Dans cette optique, la méthode la plus rependue est le "BREANSTORMING" qui consiste à réunir un certain nombre d’individus (ou une seule personne d’ailleurs) et leur demander de donner en vrac toutes les idées qui leur passent par la tête et on fait un tri pour en retenir les plus pertinentes.
C. Le concept et la mise en œuvre du projet : il faut déterminer le marché cible et les clients potentiels. En effet, une idée sans marché et/ou sans client est une idée sans intérêt. Cette étape est celle de la validation du projet ; elle tente de répondre à trois questions clés :
mon idée (produit ou service) satisfait-elle un besoin ?
vais-je pouvoir proposer le produit ou le service à un prix accessible pour la clientèle cible ?
vais-je pouvoir le proposer à un prix acceptable et rentable pour moi ?
C’est également à ce stade qu’il faut évaluer la taille du marché visé et étudier le poids de la concurrence.
D. le dernier élément est celui sur lequel personne ne peut agir, il s’agit de la chance !
II. De l’idée au projet
Cette phase est celle de l’élaboration du projet qui se traduit par un business plan.
A. Rédaction des idées
On pense souvent que cette rédaction est essentiellement faite pour convaincre les partenaires et le banquier. Ceci est vrai mais c’est avant tout pour soi afin de clarifier ses propres idées et ne rien laisser dans l’ombre.
Il convient d’envisager des scénarios d’activités avec des hypothèses de marchés.
Classiquement ces scénarios sont au nombre de trois :
accueil favorable de la clientèle et pas de réaction de la part des concurrents ;
accueil favorable de la clientèle mais contre attaque des concurrents ;
accueil mitigé de la clientèle.
L’hypothèse finalement retenue devra tenir compte de la probabilité que chacun de ces scénarios se réalise.
B. Chez le banquier
Le banquier va apprécier le projet d’un créateur d’entreprise à travers un business plan qui devra lui être soumis. Ce document ou rapport comprend essentiellement :
les caractéristiques du projet
le marché potentiel : quelle clientèle ? Quelle zone géographique ? Etude de la concurrence et des éventuels produits de substitution.
Forces et faiblesses par rapport aux facteurs clés de succès du marché
Les différents scénarios
Les méthodes envisagées pour trouver des clients (distribution, politique de vente, prix...)
Equipements et stocks nécessaires
Politique de fabrication (éventuelle sous-traitance)
Politique de personnel (nombre, coût, qualification et responsabilité).
Dossier financier : bilans et trésoreries (mensuelles) prévisionnels pour chacun des scénarios choisis.
Choix de la structure juridique
Risques et moyens de couverture
Le banquier finance généralement une création d’entreprise à hauteur de la moitié du capital social.
C. autres moyens de financements
Le créateur d’entreprise peut, outre le banquier, faire appel à des fond provenant de son entourage. Il s’agit généralement de la famille ou des amis.
Il existe également ce qu’on appelle les "business angels" qui sont des personnes fortunées, souvent anciens chefs d’entreprises, qui veulent se lancer dans une nouvelle aventure de gestion d’entreprise. Ils s’associent par conséquent au créateur.
Enfin, il existe des sociétés de capital risque qui font des apports financiers à la création d’une entreprise dans le but de revendre leur participation.
Quant aux subventions de l’Etat, il faut compter sur le miracle pour en remplir les conditions !
III. éléments de gestion comptable et finance
A. Gestion comptable
Le premier élément est le bilan, qui est la photographie de la situation de l’entreprise. Ceci doit être complété par le compte de résultat qui est d’ailleurs le document qui fait l’objet de toutes les attentions dans une entreprise.
Du compte de résultat, on calcule différents soldes :
résultat d’exploitation = produits d’exploitation - charges d’exploitation
résultat financier = produits financiers - charges financières
résultat exceptionnel= produits exceptionnels - charges exceptionnelles
La somme de ces trois résultats donne le résultat courant avant impôt, auquel on retranche l’impôt sur les sociétés pour obtenir le résultat net.
B. Gestion financière
Les éléments déterminants sont les soldes intermédiaires de gestion :
marge commerciale
valeur ajoutée
excédent brut d’exploitation
résultat d’exploitation
résultat courant avant impôt
résultat net comptable
La rentabilité commerciale est la part qui reste du chiffre d’affaire. Il s’obtient en faisant le ratio résultat après impôt sur le chiffre d’affaire.
La rentabilité économique mesure la productivité. C’est égal au résultat de l’entreprise sur le total actif.
Un des éléments déterminants, en particulier pour les partenaires économiques, est le cash flow également appelé capacité d’autofinancement. Il est égal au résultat après impôt + les amortissements - reprises de provisions.
IV. Choix de la forme juridique
Une fois l’idée peaufinée il faut savoir quelle forme juridique adoptée. Ce choix conditionne les aspects de la rémunération du créateur, son régime de couverture sociale, le régime de responsabilité vis-à-vis des partenaires économiques.
Pour plus de détails visitez la rubrique droit des affaires du site
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