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L’économie : une ère nouvelle

5 mars 2006

L’explosion récente du réseau Internet nous ferait presque oublier que l’ ordinateur tel qu’on le connaît aujourd’hui n’a qu’une vingtaine d’année.

L’ époque de la carte perforée n’est pas si vieille. Et il n’y a guère plus de 50 ans, un ordinateur occupait à lui seul un bâtiment entier. Les premiers ordinateurs datent de 1943 et se nommait Eniac. Dès lors débute l’ère de l’ informatique moderne, les terminaux étaient installés dans un endroit séparé du reste de l’entreprise. Il ne s’agissait pas de créer mais uniquement de copier des structures établies avec des calculettes géantes. La centralisation des systèmes a abouti à la création d’Internet, c’était une initiative du secrétaire américain à la défense, qui souhaitait créer un réseau de communication capable de résister à une attaque nucléaire. L’idée était qu’un réseau décentralisé serait moins vulnérable qu’un système composé d’un seul « centre nerveux ».

Dans les 70’s les Personal Computers (PC) remplacent les terminaux reliés aux gros systèmes. Ils avaient une puissance de calcul suffisante pour supporter des applications importantes et complexes. Les prix des produits informatiques ont été divisés par trois entre 1980 et 1990. Les entreprises sont devenues de plus en plus dépendantes des ordinateurs. Un nouvel équilibre des compétences, des responsabilités et des pouvoirs a fait son apparition. Désormais on accorde une importance particulière à l’ innovation et au concept de service. La gestion a atteint une importance sans précédent au sein des entreprises. C’est pourquoi on investit fortement sur l’innovation. Cette dernière consiste à utiliser des outils de traitement de l’information afin d’exploiter le potentiel de créativité des personnes.

La distribution de l’information est de plus en plus rapide et intègre de plus en plus de graphiques, de documents audio et vidéo, ainsi que du texte dans un seul flot d’information. C’est alors développé le concept « d’ entreprises culturelles » couvrant l’audiovisuel, le cinéma.. Ces grandes entreprises des nouveaux médias tel AOL, Vivendi . s’empare de la vieille industrie des médias. En effet les deux exemples précédents se sont emparés respectivement de Time Warner et Universal, deux géants de la communication, symboles du XXe siècle. On assiste à une mutation économique et on parle déjà de quatrième révolution, nous allons donc définir dans un premier temps ce qu’est réellement la nouvelle économie et le changement qu’elle entraîne. Pour finir nous allons traiter la réalité de la net-économie à travers les "Start-Up" et les "Start-Down".

I - La théorie de la nouvelle économie

A - la nouvelle économie : définitions et nouveauté

1 - Quelques définitions et quelques chiffres

La nouvelle économie est un terme qui définit au Etats-Unis la croissance tirée par les nouvelles technologies et qui se caractérise par une absence d ’inflation, le plein emploi et une conquête du monde. En somme, au niveau théorique lors de son apparition, l’expression de nouvelle économie était synonyme de croissance et de fortune rapide. Les nouvelles technologies utilisées sont essentiellement les NTIC (nouvelles techniques d’information et de communication) c’est-à-dire l’informatique et Internet. Grâce à ces outils, on voit se développer le commerce électronique aussi appelé « e-commerce » ou « e-business ».

Il convient de noter qu’il existe une grande diversité de la définition de ce commerce d’un pays à un autre, ce qui sur le plan économique rend difficile la comparaison des données des différents pays. Nous ne donnerons ici, que la définition officielle française. Pour la France, le commerce électronique désigne l’ensemble des transactions marchandes effectuées sur un réseau électronique ouvert par l’intermédiaire d’ordinateurs ou d’autres terminaux interactifs.

La nouvelle économie que l’on peut aussi appeler la net-économie a évolué au cours du temps. En effet, aux Etats-Unis estimé à 4 milliards de dollars en 1994, le chiffre d’affaire directement généré par internet aurait atteint les 301 milliards de dollars en 1998, ce qui ramène le chiffre d’affaire de l’internet au niveau des industries phares de l’économie américaine, comme l ’automobile (350 milliards de dollars). En France, Les NTIC ont contribué à 5% du PIB, 3,5% de la richesse nationale et 15% de la croissance économique en 1998. Si on est encore loin des Etats-Unis ou les NTIC représentent un tiers de leur croissance, on ne peut pas dire que la France n’est pas touchée par ce qu’on pourraient nommer la quatrième révolution.

2 - Les nouveautés dues à cette économie Au cour de la nouvelle économie se trouve l’humain et plus particulièrement sa matière grise qui devient le premier facteur de production. La révolution c’est la connexion de cette matière grise en un réseau mondial grâce à la norme TCPIP qui permet de connecter tous les ordinateurs de la planète. L’élément le plus important n’est pas l’ordinateur, c’est le fait de le connecter à un autre et par ce biais de relier les hommes entre eux. La technologie vient alors bouleverser le processus de production : acheter, vendre, produire, distribuer chaque fonction est atteinte. A tout moment un nouveau concurrent peut bouleverser la chaîne de valeur en se positionnant en tant que nouvel intermédiaire.

En effet, l’internet permet de se débarrasser des barrières géographiques et donc expose les entreprises en ligne à la concurrence mondiale. Le client devient donc le roi c’est pourquoi on passe d’un marketing de masse à un marketing personnalisé. De plus, la concurrence devient à la fois globale et locale . Ce qui signifie que chaque entreprise peut s’adresser au monde mais en s’adaptant localement à chaque marché.

En somme, le rapprochement avec des partenaires et clients passe par une communication active dans les news-groups. Grâce à l’Email et aux nouvelles pratiques professionnelles du net, les accords, partenariats et contrats peuvent se conclure à travers le monde en une seule nuit. Avec la nouvelle économie, il y a une accélération du temps. La nouvelle économie provoque aussi des changements au niveau de la masse salariale. En effet, on n’attend plus d’elle d’avoir des compétences spécifiques qu’un diplôme certifie ; désormais on souhaite des salariés ayant des compétences variées et transdisciplinaires. Il est nécessaire pour la masse salariale dans la net-économie d’avoir un apprentissage permanent, tout au long de son activité vu l’évolution rapide des NTIC.

B - Les caractéristiques et les changements

1 - Au niveau structurel

Au niveau structurel, cette nouvelle économie se caractérise par différents éléments :

-  L’économie de l’immatériel Chaque information : données, textes, sons, images, programmes peuvent être distribués par le réseau , réduisant ainsi les coûts de production et les coûts de recherche. En effet, il n’y a plus de support seul l’ordinateur et la connexion au réseau sont nécessaires.

-  un capitalisme sans friction La chaîne des intermédiaires traditionnels est remplacée par un site qui permet l’accès à toute l’information disponible. Cela permet d’éviter des désaccords ou des frictions avec les personnes afin d’obtenir des renseignements ou lorsque l’on fait diverses opérations. La nouvelle économie a facilité l’achat en bourse, la vente d’un bien immobilier, ou encore la possibilité de comparer les prix de différents fabricants par exemple.

-  les prix dynamiques Désormais les prix ne sont plus fixes. En effet, on voit de plus en plus se développer l’achat aux enchères sur le net. Ce nouveau mode de vente se propage dans tous les domaines aussi bien pour les billets d’avions que pour les chambres d’hôtel. L’achat aux enchères laisse ainsi au consommateur le soin de fixer le prix du marché. Il peut ainsi avoir la possibilité d’ obtenir un bien à moindre coût même si cela n’est pas systématique.

-  une réduction des stocks Internet permet de relier les intermédiaires à leur distributeurs, cela signifie donc que la production est lancée en temps réel à la demande du client.

En somme, il n’existe quasiment plus de stocks puisque le distributeur s’approvisionnent lors du passage de commande du client. - La personnalisation La nouvelle économie permet d’être plus proche du client et de lui proposer des biens en fonction de ses goûts. En effet, grâce aux différentes connexions d’une personne, les responsables de sites peuvent envoyer des sélections de biens à différents clients en fonction de leurs achats précédents. En effet, internet permet de cibler les besoins de chaque internaute.

De plus, ces personnes peuvent acheter des biens personnalisés. Par exemple, en commandant son ordinateur, un internaute peut sélectionner les options de son choix dans un menu. Internet permet donc de mieux prendre en compte les goûts et les demandes spécifiques de chaque client potentiel. - l’économie de l’attention. Le consommateur devenant roi, ce qui compte c’est attirer son attention sur son produit. C’est pourquoi, il y a des bandes publicitaires sur internet pour divers sites. Ces bandes publicitaires permettent de mettre à la connaissance du public leur produits.

2 - Au niveau stratégique

A l’intérieur d’une entreprise, il faut repenser son positionnement dans la chaîne de valeur. En effet, avec la nouvelle économie, on constate une variation rapide des positions de chaque entreprise. Une stratégie de positionnement sur la net économie ne peut en aucun cas être identique à celle de l’ancienne économie. Il faut aussi à l’intérieur de l’entreprise revoir l’organisation autour du flux d’information. Cela signifie qu’il est nécessaire que la communication d’information interne soit optimum c’ est-à-dire qu’elle doit être le plus rapide possible et le plus claire. Au niveau stratégique dans la nouvelle économie, il faut que chaque entreprise, sélectionne les flux d’informations qu’elle peut partager avec les autres sociétés.

En effet, il existe entre les différentes entreprises une communication d’informations. Toutefois, chaqu’une d’elles décide ce qu’ elle veut bien partager et ce qu’elle garde pour elle. En effet, une entreprise peut ne pas communiquer une information car celle-ci lui donne un avantage concurrentiel. Enfin, la nouvelle économie oblige l’entreprise à redéfinir sa cible. En effet, ici, on touche toute sorte de personnes donc il faut définir sa cible de manière claire afin que le site internet soit bien adapté et qu’il permet de bons résultats.

3 - Au niveau organisationnel

La nouvelle économie implique certains principes au niveau organisationnel. A l’intérieur de l’entreprise, il est désormais nécessaire voire même indispensable de communiquer par l’internet. Son utilisation est primordiale afin de partager les connaissances et les informations en temps quasi réel. Il y a donc au sein de l’entreprise un gain de temps considérable.

En effet, on peut ainsi mettre à disposition pour les salariés les données d’une base tel que l’état des commandes, du stocks. L’organisation correspond donc à un travail en équipes multidisciplinaires c’est-à-dire que l’ensemble d’une équipe est composée de membres ayant chacun des compétences complémentaires. De plus, la nouvelle économie oblige les entreprises à prendre des décisions en fonction de l’attente des consommateurs, pour cela elles s’utilisent des tableaux de bords.

Les relations entre entreprises changent aussi dans la nouvelle économie puisqu’il faut automatiser les relations clients fournisseurs dans le cycle de production. En effet, il faut un suivi des commandes et des livraisons c’ est pourquoi, il est impératif de pouvoir donner des délais aux clients. Donc le rapport client fournisseur est essentiel comme nous l’avons vu plus haut car il y a très peu de stock. Il y a donc un fort développement des collaborations et des partenariats.

L’entreprise doit avoir une organisation favorisant au maximum les consommateurs. Cela signifie que le consommateur puisse avoir à sa disposition le catalogue en direct et qu’il puisse commander dès que bon lui semble avec son ordinateur. De plus, l’attractivité pour le consommateur de la commande en ligne est le suivi de sa commande jusqu’à la livraison du produits, chose infaisable dans l’ancienne économie. L’entreprise peut grouper les clients par centres d’intérêt ce qui lui permet d’envoyer des offres ciblées.

En somme, les nouvelles technologies attisent l’esprit pionnier de quelques entrepreneurs qui montent leurs start-up. Les sites internet, la presse économique, tout le monde laissait miroiter un enrichissement rapide et facile pour tous. En 1999, malgré une « non rentabilité » affichée ces promesses semblaient possible grâce au long terme : les investissements d’ aujourd’hui étaient nécessaires pour prendre place sur le marché, qui demain générerait de gros bénéfices.

Tout se justifiait par la logique du potentiel, attestée par les études, notamment pour l’e-commerce. La nouvelle économie était synonyme de croissance et de fortune rapide. L’erreur provenant du modèle « tout gratuit », héritage de l’esprit libertaire originel d’internet. En effet, l’affluence des internautes qui en découlait devait permettre le cercle vertueux (grâce à la publicité), jusqu’à dire, encore en juillet 2000 « certaines grandes entreprises traditionnelles très rentables aujourd’hui risquent de devenir les champions des pertes quand les modèles payants seront remis en cause ». C’est pourquoi nous allons voir la réalité de la net-économie.

II- La réalité de la net économie

A- Les investisseurs et les start-up

1- La réalité économique et les investisseurs

- La réalité économique : Les start-up de commerce représentent 55% des 210 entreprises ayant fait faillite en 2000.L’e-commerce n’est donc pas un rempart contre la faillite. Cela ne signifie pourtant pas qu’il faut conclure à un échec de ce modèle économique. Le marché des particuliers semble être encore en construction. L’e-commerce apparaît encore très faible, n’ayant pas atteint sa maturité. Face à cela, plusieurs hypothèses fondées sur des freins psychologiques, peuvent être formulées. D’abord, le Web est avant tout vécu comme un lieu d’information, et non de consommation : le consommateur compare les prix, recherche les modèles et services sur les sites, mais achète dans un lieu physique, même si le même produit est disponible sur un site. Ensuite, le moyen de paiement proposé, le numéro de carte de crédit, effraie souvent le consommateur, pensant le risque de piratage trop grand. Les acteurs du secteur prennent conscience que le commerce électronique est avant tout une nouvelle façon de vendre à distance, et que la sécurisation des transactions est déterminante. L’ e-commerce pourrait à terme atteindre un niveau compris entre 8% et 10% du marché de commerce de détail, tout secteur confondu. Face à cette opportunité, les « pure play dotcoms » se trouvent face aux entreprises de VPC (Vente Par Correspondance), concurrentes, et qui pourraient être les grandes gagnantes du commerce électronique. Cette forme de revenus semble donc devoir être complétée pour un site visant la rentabilité.

- Les investisseurs : Toute entreprise qui débute nécessite des fonds de départ pour assurer son développement, ce trait n’est donc pas spécifique au start-up. Selon l’Agence pour la création d’entreprise dans 56% des cas de création de start-up, l’apport est personnel. Le créateur fait appel à la famille, aux amis, ainsi qu’aux banques et aux investisseurs. La puissance commerciale reste l’élément déterminant pour les investisseurs, que ce soient des banques ou des capitaux riskers. La difficulté de la création est d’autant plus grande que le marché est nouveau. Une incertitude persiste quant aux débouchés, ce qui implique une prise de risque et une perspective de long terme pour la rentabilité. Dès lors, les business plans, qu’ils soient fondés sur le commerce électronique, la publicité ou la vente de contenu, comptent également sur les levées de fond pour assurer l’équilibre financier. La spécificité des start-up repose sur l’engouement initial des autres acteurs économiques, créant des fonds de capital risque ce qui donnait l’illusion d’une possibilité d’investissements illimités.

Suite à l’effondrement des marchés en mars 2000, les investisseurs se sont montrés de plus en plus réticents. Ils réclament désormais de solides garanties avant de se décider. Les start-up doivent donc revoir leur business models, devenus irréalistes face à ces difficultés croissantes rencontrées pour lever des fonds. En cas contraire, la faillite semble inéluctable, comme l’ont montré les 210 cas de l’année 2000. Dans la mesure où les sources de revenus ne permettent que très rarement à un site d’être immédiatement rentable, il semble que la raison économique les incite avant tout à éviter à la fois les prévisions de bénéfices records et les pertes structurelles dans le présent.

La logique des investissements reste pertinente, comme pour toute entreprise naissante, considérant toutefois que le premier tour de table peut être le dernier. Il convient alors pour une start-up de s’autofinancer avant d’avoir épuiser ces réserves. De l’euphorie du début de l’année 2000 au négativisme de fin de l’année 2000, parler de l’ économie du réseau équivalait la plupart du temps à parler des start-up. Or, si ce phénomène est important, il semble que la réaction des grands groupes face au réseau l’est tout autant, voire plus importante.

Selon François-Henri Pinault, on entrevoit une autre facette de la net économie. Pour lui est en marche un « phénomène d’assainissement » qui se définit par la focalisation sur les marques et les acteurs les plus puissants. La maturité des consommateurs sur Internet et leur exigence de qualité étant croissantes, la chaîne de valeurs à maîtriser pour pouvoir apporter un bon service sera de plus en plus complexe et de plus en plus chère, ce qui laisse peu de places aux petits acteurs.

2- Start-up et investisseurs connus Dès 1999, alors que les médias se focalisaient sur de jeunes start-uppers millionnaires, un indice permettait déjà de comprendre une partie de l’ évolution du secteur. En effet, une radiographie des débuts de la Net économie montre que ceux qui contrôlaient l’économie du réseau, c’est à dire ceux qui investissaient contre des parts de sociétés, étaient liés aux grands groupes. Avant d’aborder leur rôle dans l’émergence des start-up, il est à noter que ces activités à la surface du réseau cachent celles des acteurs techniques comme les cablo-opérateurs. Or un groupe comme Cisco apporte des fonds à des entreprises qui favorisent le développement des réseaux. Il achète aussi de jeunes entreprises ayant mis au point une technologie innovante. Et ces stratégies sont à l’ouvre depuis la naissance du réseau. Quant aux capitaux riskers ayant le plus attribué des fonds, on retrouve Europ@Web, pôle Internet du groupe Arnault, Viventures et Dassault development, respectivement propriétés de la BNP et du groupe Dassault. Les grands professionnels par secteur viennent ainsi à leur rythme s’emparer du format Internet, une fois que les start-up ont montré que la demande était présente. Les « pure play dotcoms » ne pouvant avoir que quelques pour-cent du marché total et ne bénéficiant pas des conditions d’achat des grands groupes, elles perdent face aux acteurs traditionnels, sauf à imposer très fortement leur marque (c’est le cas d’Amazon). En s’étant intéressés aux start-up pour certains, ou au contraire en s’étant abstenus d’élaborer une stratégie électronique pour d’autres, les groupes n’ont pas, de 1998 à 2000, pris du retard. A l’inverse, en servant leurs intérêts, ils sont devenus les acteurs ayant les potentiels de développement sur le Web les plus importants.

B- Start down et l’e-krach

1- Start down et les grands groupes industriels connus

Les groupes économiques au secours de la Net économie : le B to B. Les entreprises les plus rentables sont les prestataires de services pour les entreprises. Le B to B représente l’aspect majeur (80%) et surtout le plus rentable de l’économie de réseau. Les grandes entreprises cherchent à faire des économies sur les processus grâce aux places de marché. La plupart utilisaient déjà des réseaux informatiques pour dématérialiser et fluidifier leurs relations avec les fournisseurs, les clients et les partenaires. Désormais tous les systèmes d’information sont reliés, avec un coût d’accès très faible pour les utilisateurs. En 2000, les groupes industriels ont multiplié les projets de plate forme d’achat en ligne pour rationaliser et accélérer les procédures. Les offres de services en ligne créent un nouveau comportement d’achat, nécessitant une approche spécifique à chaque métier. Malgré cela, les échanges B to B sont un domaine où le taux de récurrence est très fort.

La recomposition du Web par les prises de participations. La stratégie des groupes face au Web repose sur une comparaison des coûts entre les investissements et le temps nécessaire à un développement interne et le rachat de sites. Jusqu’au milieu de l’année 2000, les niveaux de valorisation, liés aux cours de Bourse, étaient tel que peu de transactions étaient signées.

Pourtant cela ne signifiait pas de fait un développement autonome sur le Web. Beaucoup d’entreprises ont semblé attendre, et peuvent désormais, après l’e-krach et les premières faillites de start-up, approcher les sites qui les intéressent. France Télécom a ainsi acquis Alapage.com. Sans avoir l’illusion de pouvoir racheter des parts de marché sur Internet, les acteurs d’importance rachètent des sites pour leur maîtrise d’une technologie, leurs compétences et / ou pour leur complémentarité sur des niches de marché mal couvertes par le groupe. L’exemple du rachat de Napster par Bertelsmann montre la complexité de ce phénomène : il s’agit à la fois d ’empêcher un type de concurrence, qu’est le piratage de fichiers, et de capitaliser sur un avantage spécifique au Web, en l’occurrence un service innovant fondé sur les communautés d’utilisateurs.

Noël 2000 a montré combien les acteurs traditionnels avaient eu des comportements stratégiques vis à vis du Web. Les ventes on line aux Etats Unis ont dépassé de 115% celles de l’année précédente. Et les grands gagnants sont les distributeurs traditionnels : WalMart (grande consommation), ToysRus (jouets),.Sur les dix sites d’e-commerce les plus visités, sept sont ceux d’entreprises traditionnelles. La notoriété et surtout les capacités logistiques semblent être leurs avantages déterminants : elles ont des stocks et un solide service après vente. Ainsi, après avoir tiré profit d’Internet dans les échanges B to B, les groupes se positionnent avec succès dans le B to C.

2- L’e-krach

Si la place de la bourse dans les business plans a été considérée à la baisse, l’entrée au nouveau marché n’étant plus, comme début 2000, le seul objectif, l’évolution des cours a conservé un impact critique sur l’avenir des start-up. En effet, l’e-krach, c’est à dire la chute des cours et ce de façon répétée, est la cause directe de la fuite des investisseurs. Or celle-ci a été si soudaine que les start-up ayant épuisé leurs réserves n’ ont eu d’autres choix que de déposer le bilan.

La sphère financière, qui hier incitait au « dumb money », et donc à la multiplication des start-up aux Business Models de long terme, entraîne désormais une obligation de résultats et favorise finalement les groupes importants au détriment des jeunes. L’année 2000 a été marquée par l’annonce de deux grandes fusions : celle de Vivendi avec Universal et celle d’AOL avec TimeWarner. Cette dernière a particulièrement frappé les esprits car des deux entreprises ce n ’est pas celle que l’on considérait comme la plus puissante qui prend le contrôle de l’ensemble. Et si AOL a pu réussir cette opération, ce n’est que grâce à sa mirobolante valorisation financière. Les marchés financiers apportent ainsi aux entreprises à la fois un pouvoir démesuré et les fragilisent de façon permanente par leur volatilité.

L’illusion de l’ économie du réseau comme lieu de concurrence pure et parfaite s’effrite. Les barrières à l’entrée sont de plus en plus importantes, du fait de manque de capitaux. La profusion de l’offre, si elle est réelle, cache la prépondérance de quelques sites seulement, ceux qui sont majoritairement consultés, considérés comme repères dans le processus de structuration de la demande. Ils sont par conséquents les seuls à pouvoir espérer être rentables. Déjà début 1998, une étude de Boston Consulting Group sur les revenus de 127 sites montrait que les 10 principaux sites réalisaient la moitié des revenus de l’ensemble. Les phénomènes de concentration et de fusions acquisitions emplissent l’actualité du début 2001.

Déjà en 2000, Cisco avait déjà procédé à neuf acquisitions. Les start-up se rachètent également entre elles, souvent dans les secteurs les plus proches. Cette concentration horizontale a pour objectif d’atteindre une taille suffisante pour faire des économies d’échelles et surtout pour affronter les géants de la communication, le « e-magnats » en construction. Eux- mêmes choisissent l ’intégration verticale, cherchant à maîtriser les contenus et gagner en synergie pour conquérir rapidement des parts de marché. S’ils ne sont pas encore les ultimes vainqueurs, leur taille importante leur apporte le réservoir de compétences et la capacité financière nécessaires pour réagir très vite, et au besoin pour changer de direction. La taille semble également être un élément décisif face à la nature mondiale du réseau nécessitant de s’implanter dans le monde entier, contrairement aux illusions de début de l’année 2000.

Depuis mars 2000 et le premier e-krach, les interrogations se multiplient sur l’avenir des start-up. Pourtant, si certaines ont disparu, beaucoup tentent de survivre, réorganisant leurs business models pour ne pas dépendre d’une nouvelle levée de fonds, qu’ils savent devenir de plus en plus hypothétique. Face à elles, les acteurs traditionnels, si vite condamnés pour leur apparente inertie au début de l’année 2000, s’organisent, affinant leur stratégie électronique, récoltant les fruits de leurs prises de participations. En effet, les marchés ouverts par les nouvelles technologies restent prometteurs pour tous ces acteurs économiques, et le réseau permet déjà des bénéfices supplémentaires, dans les relations B to B notamment.

De plus, il est intéressant de préciser que les intervenants politiques montrent de l’importance à l’économie du réseau par de nombreuses actions (ex : mission pour l’économie numérique), mais aussi les entreprises traditionnelles qui utilisent Internet à la fois comme un support, un média, mais aussi comme un outil. Ainsi que les médias eux mêmes, notamment la multiplication des journaux spécialisés sur le thème de l’économie du réseau, confirme la vigueur des activités de ce secteur. Les évolutions économiques en cours ne semblent donc pas signifier la fin des activités économiques du réseau.

CONCLUSION :

Internet est passé d’un emploi militaire à celui d’instrument de moyen d’ échange et de communication, mais aussi de canal de distribution commercial. Si elles font beaucoup parler d’elles, les nouvelles technologies restent cependant un phénomène difficile à appréhender. Les métiers liés au développement des NTIC sont difficiles à définir, mais de grandes tendances commencent à se dessiner. De plus les métiers "classiques" doivent intégrer ces nouvelles technologies. On assiste à une multiplication des nouveaux métiers. Ce qui limite aussi la visibilité de ce phénomène c’est le flou juridique. Le législateur n’arrive pas à suivre, voir anticiper, les évolutions techniques. La jurisprudence doit composer avec des problèmes tels que la difficulté à déterminer quel intervenant engage sa responsabilité et le fait que les contenu véhiculé par Internet sont facilement effaçable, modifiable ou déplaçable.

Nous allons pour finir dégager les avantages que procurent les NTIC pour les vendeurs. Les Internautes sont relativement jeunes et sont un groupe cible commercial intéressant. Les vendeurs peuvent atteindre directement les consommateurs dans le monde entier. Internet facilite aussi les stratégies de ventes plus orientées vers le client et sélectives. Pour chaque utilisateur il est possible de retracer son trajet personnel sur le site, on peut donc personnaliser l’offre et offrir une vente en continue. Au-delà de la distribution, l’ensemble du processus de production peut être modulé plus efficacement. En pratique, il subsiste des obstacles au développement du commerce par Internet (lenteur du trafic Internet, incertitudes juridiques, la livraison toujours tributaire de point de distribution locaux.).

En ce qui concerne les avantages et inconvénients pour les clients on cite immédiatement l’accessibilité aisée. Plus de la moitié des internautes considèrent l’absence de pression externe des vendeurs comme un des principaux avantages des achats via le web. La multitude d’information disponible sur le net rend difficile la recherche de données pertinentes, et leurs fiabilité pose aussi problème. Les autres freins à l’utilisation d’ Internet dans des relation commerciales sont les frais de connexion trop élevés, l’inégal accès des ménages aux NTIC et les problèmes de sécurité dans les transactions. Pour finir on peut constater que dans les grands magasins Internet les prix sont de 2 à 5 % supérieurs à ceux des magasins traditionnels, sans compter les frais de port.


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