La filière AES au sein de l’harmonisation européenne
17 mars 2006
Les Universités françaises débattent actuellement sur la mise en place de la réforme LMD.
Or les étudiants en AES, et les associations qui les représentent, tiennent à vous faire part de leurs craintes pour la pérennité de notre formation universitaire dans ce nouveau contexte d’harmonisation européenne.
La filière AES semble en effet devoir se fondre dans des champs disciplinaires plus vastes, perdant ainsi ses caractéristiques essentielles : une pluridisciplinarité organisée de manière cohérente au sein d’une même filière, une pédagogie adaptée, une professionnalisation et une spécialisation progressives et maîtrisées.
L’arrêté du 23 Avril 2002, relatif aux études universitaires conduisant au grade de licence, dans son article 3 l’énonce bien : « les parcours poursuivent notamment les objectifs définis par les diplômes suivants : DEUG et Licence régie par les arrêtés du 9 Avril 1997 [...] », parmi lesquels se trouve celui relatif aux études en A.E.S. D’un point de vue réglementaire, la réforme n’a donc pas vocation à faire disparaître les diplômes de la filières AES. Se situant au confluent du Droit, de l’Economie et des Sciences Sociales, la filière A.E.S. est souvent dépendante de différents départements composants les facultés, et nous craignons la prédominance des filières traditionnelles sur notre formation en AES.
Les étudiants en AES ne sont pas des juristes, ni des économistes ou des gestionnaires : ils recherchent avant tout une formation pluridisciplinaire à vocation professionnelle. Ce sont d’abord des étudiants en AES, et se réclament fortement de cette formation.
Le Diplôme de MASTER
Tout d’abord, un premier constat : il y a peu de 3ème cycle propre à la filière A.E.S., mais de nombreuses possibilités de poursuite d’études après la maîtrise.
En AES, la part du troisième cycle n’est que de 1,2% au lieu de 16,1 % pour l’ensemble des disciplines enseignées à l’université. Ceci s’explique par le fait que l’offre de formation en troisième cycle propre à la filière AES est assez restreinte. On n’y compte qu’une vingtaine de DESS regroupant 84 % des étudiants de troisième cycle, et quelques doctorats et diplômes d’université. De plus, la moitié des académies seulement propose une formation en troisième cycle d’AES.
Parmi les étudiants qui restent à l’université, 37 % se tournent vers un DESS de sciences de gestion, environ 15 % optent pour un DESS de sciences juridiques et 11 % pour un DESS de sciences économiques. Seulement 7 % d’entre eux s’orientent vers un DESS d’AES.
En troisième cycle, les formations professionnalisées ont un poids beaucoup plus important dans le choix des étudiant en A.E.S., puisque 84 % de ceux-ci choisissent de préparer un DESS. En moyenne, moins de 25 % des étudiants de troisième cycle universitaire suivent une formation professionnalisée.
On constate ici, que bien que peu de DESS spécifique à la filière AES existent, bon nombre d’étudiants en AES s’oriente vers des DESS en relation avec le domaine du management des entreprises, comme par exemple Les DESS Management, Ressources Humaines, Marketing, etc ... .
Très peu de troisième cycle AES, donc très peu de centre de recherche propre à la Filière. De ce constat, on peu tirer une conséquence : concernant les master, comment monter un master, s’appuyant sur des centres de recherche, alors que quasiment aucun centre de recherche n’est spécifique à la filière A.E.S. ?
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Il apparaît difficile donc de garder une dénomination A.E.S. pour un master ( trop vague, pas d’adossement recherche, ... ).
Par contre, il est opportun, pour les universités qui dispensent un cursus AES, de s’associer avec les Instituts d’Administration des Entreprises (IAE), les Instituts publics d’Administration Générale (IPAG), les écoles de commerce, ..., de créer un master spécifique regroupant les offres de formation antérieures dans le domaine de l’administration et la gestion des entreprises et de l’administration publiques. Ce master, associant toutes les compétences dans ce domaine formerai un ensemble cohérent, et large en compétence. Un tel master semble être une excellente piste de travail, pour plusieurs raisons : pluridisciplinarité des différents aspects du management, accessible après une licence AES, une licence en Sciences Economiques, une licence en Droit, ...
Nous préconisons en outres une deuxième année de Master professionnel en alternance entre le milieu professionnel et le milieu universitaire.
Concernant le nom d’un tel Master, nous demandons aux universités de se concerter afin qu’elles s’harmonisent entre elle sur le nom d’un tel master. Suite aux premières propositions des universités, on constate que, pour une formation équivalente, les universités n’ont pas la même désignation : entre Master « Gestion », Master « Management », Master « Administration des entreprise », Master « Droit - AES », etc ... comment avoir une visibilité cohérente tant au niveau national qu’au niveau international ???
Nous préconisons la mise en place d’un master dénommé master « Management », qui à l’avantage d’une visibilité internationale, nationale et qui correspond à un domaine de formation.
Le diplôme de Licence
Si l’on s’en tient aux différentes études réalisées sur le devenir des diplômés de la filière A.E.S., on constate que les grands domaines d’activités sont les professions intermédiaires ( responsables et directeurs de services, assistants de direction et de services, ... ) dans de nombreux domaines (contrôle de gestion, ressources humaines, Comptabilité, communication, marketing, ...)
C’est au niveau des licences, de par les caractéristiques spécifiques de la filière A.E.S. mentionnées ci-dessus, qu’il est tout à fait pertinent de faire de la filière A.E.S. une licence à part entière. De part le caractère pratique et appliqué propre à la filière AES, il est largement possible de valoriser cette filière par des possibilités importante de sortie professionnelle au niveau licence, sans pour autant bloquer l’accès à un master, non-spécifique.
En effet, le propre même de la filière A.E.S. est de permettre aux diplômés de la filière une insertion rapide dans les entreprises et les administrations, notamment à bac + 4. Or depuis quelques années tous les développements universitaires sont accès sur des formations à vocation professionnelle. L’AES se veut une formation professionnalisante, tout en restant universitaire. Les débouchés professionnelles après une Licence A.E.S. sont certaines, sous réserve de quelques modifications des maquettes existantes.
Ainsi, le stage devra intervenir au cinquième semestre de la Licence. D’une durée de trois à six mois, il permettra aux étudiants de perfectionner leurs enseignements par une connaissance pratique du fonctionnement de l’entreprise, et par une spécialisation permettant des possibilités d’insertions professionnelles rapides.
La formation, assurée conjointement par des enseignants et des professionnels, devra s’articuler autour des trois pôles de compétences propre à l’A.E.S., qui les différencient des filières à dominante juridique ou économique, comme c’est le cas actuellement.
La mise en place des différents domaines de formation, en fonction de parcours cohérent permettra une première spécialisation d’une part entre le milieu entreprenarial et l’administration générale, et d’autre part entre les différentes insertions professionnelles souhaitées.
L’enseignement des langues devra s’articuler autour du langages des affaires, et une deuxième langue devra être possible en option. L’enseignement de l’Informatique devra être renforcé, notamment par la découverte des logiciels comptable et statistique.
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