Le système bancaire et financier
2 avril 2006
L’un des principaux apports de Keynes est d’avoir dissocié l’épargne de l’investissement. L’épargne est un résidu égal à la fraction non consommée du revenu. C’est une fonction croissante du revenu disponible.
L’investissement est fonction du taux d’intérêt, I (i). Epargne est fonction du revenu
S(Y). S=Y-C(y)
Le taux d’intérêt, qui est le prix de la renonciation à la liquidité, influence la demande de monnaie pour un motif de spéculation, et donc le comportement de l’agent. Md(Y ; i). Pour les classiques le déterminant de l’épargne est le taux d’intérêt S (i).
Keynes disait que la fonction d’offre de travail par les travailleurs n’accepte pas que le salaire baisse.
Section I : Eléments d’une théorie de l’intermédiation financière
Gurley et Shaw vont s’intéresser au développement de la quasi-monnaie, détention de richesse liquide. Est-ce que cette quasi-monnaie a un impact sur l’offre de monnaie ? Pour cela ils vont développer toute une analyse de l’intermédiation financière.
I. Les mécanismes de l’intermédiation financière
A. Les agents : agents non financiers et agents financiers
Gurley et Shaw distinguent des ANF et des AF. La fonction essentielle des ANF est de dépenser. Les AF ne produisent pas à proprement parler, leur fonction est d’intervenir comme intermédiaire entre les ANF.
Les ANF ou (spending units), ces ANF sont de deux sortes :
a. Les agents à déficits de financement
Ce sont des agents qui dépensent plus qu’ils ne gagnent. Il ont des projets de production et ont besoin de plus de ressources qu’ils en ont. Dans l’idée ultérieure d’avoir des revenus qui rembourseront leurs emprunts, il s’endettent et remboursent, ce sont des agents très actifs. Pour l’essentiel, ce sont des entreprises. Les agents sont emprunteurs et pour couvrir leurs déficits ils émettent des créances sur eux-mêmes. Les agents à déficit de financement peuvent aussi être des ménages.
b. Les agents à excédents de financement
Ce sont ceux qui ne consomment pas toutes leurs ressources. Ils ont une capacité de financement. Il peut s’agir des ménages. Ce sont aussi des banques et des entreprises. Tous ces agents sont des agents prêteurs. Ils vont souscrire directement des titres primaires. C’est ce qu’on appelle le financement directe (direct finance). Ils refusent de s’engager soit dans l’iliquidité soit dans le risque. Ils préfèrent souscrire des titres moins longs et sur des agents plus sûrs. Ils vont souscrire à des titres offerts par des intermédiaires financiers. Ces titres sont souvent fournis par une autre catégorie : les intermédiaires financiers.
Les AF. Leur rôle est de souscrire à des titres primaires et de donner en contrepartie des créances sur eux-mêmes, les titres indirects. Ces AF sont de deux sortes.
a. Les intermédiaires financiers monétaires
Ils ont le pouvoir du fait de la coutume ou de la loi, de créer des titres indirects immédiatement utilisables comme moyens de paiement : c’est en fait la Monnaie. Il n’y a pas de monnaie s’il n’y a pas de créances avant. Le premier rôle est celui d’acheter des titres primaires et créer la monnaie. Mais leur second rôle est d’assurer les paiements.
b. Les intermédiaires financiers non monétaires
Ils créent également des titres indirects en achetant des titres primaires, mais ils n’ont pas le privilège de créer des moyens de paiement. Ils ne créent au mieux que de la quasi-monnaie. Ce sont des titres qui ne sont pas parfaitement liquides. La nature des titres indirects est différente, les titres indirects émis par les intermédiaires financiers non monétaires sont assortis des services variés (gains en capitaux). Ils ne sont pas soumis aux mêmes types de contrôles, ils sont soumis aux contrôles prudentiels (vis-à-vis des clients).
B. Les titres
1. Les titres directs ou titres primaires
Ce sont à l’origine des opérations de création monétaire.
► Un titre primaire est un titre représentant une opération économique et commerciale dans les émetteur sont les ANF à déficit de financement (entreprises, ménages).
► Ces titres primaires sont illiquides peu diversifiés et ont une échéance unique, ils sont risqués et normalement ils sont rémunérateurs.
► Les souscripteurs sont les ANF à excédent de financement, ces souscriptions ne sont pas nombreux, il y’a les intermédiaires financiers.
2. Les titres indirects
a. Les titres indirects monétaires
Ce sont la monnaie pure.
► Les émetteurs sont des intermédiaires financiers monétaires, ils émettent de la monnaie en souscrivant des titres primaires.
► Caractéristiques : liquidité parfaite, pas d’intérêt, aucun risque.
► Souscripteurs : ce sont des agents à déficit de financement et tous les autres agents.
b. Les titres indirects non monétaires
► Les émetteurs : inter financiers (non monétaires) qui vont créer les titres de créances sur eux-mêmes ; monnaie, quasi monnaie, bons émis,...
► Caractéristiques : soit de la quasi liquidité ou liquidité, soit extrêmement diversifié, les intérêts sont élevés et fournissent des services d’assurance.
► Souscripteurs : ANF à excèdent de financement.
C. Les opérations finance direct, finance indirect
1. Finance direct
C’est souscription de titres primaires émis par les ANF à déficit de financement (excédent).
2. Finance indirecte
Le financement monétaire : la création et circulation de la monnaie.
Le financement non monétaire : sert à créer des actifs indirects extrêmement variés en achetant de la monnaie et utiliser la monnaie à souscrire des titres primaires.
II. l’influence économique et monétaire de l’intermédiation financière
A. Economie financière de marché, économie financière d’endettement
1. Economie financière de marché
Ce sont les systèmes où la plus grande partie de financement se fait par l’intermédiaire de la finance direct soit sur les marchés monétaires, soit sur les marchés financiers. L’essentiel du risque est porté par les ANF appelés « courtiers ».
2. Economie financière d’endettement
► C’est une économie où l’intermédiation indirecte assure plus de la moitié de financement de l’économie. L’entreprise demande un crédit à la banque, la banque porte le financement auprès des ANF en leur offrant des titres primaires.
Caractéristiques : Economie financière de marché. Ce système est plus efficace car il assure une meilleure allocation des finances. Il est plus flexible car les capitaux passent d’un compartiment à un autre sans se heurter à des cloisonnements. Ils sont moins onéreux car les taux d’intérêts résultent du marché. Ils sont mieux adaptés à l’internalisation. Ce sont des systèmes plus instables et on constate des mouvements brusques. Ce sont des systèmes plus risqués du fait que les banques ne sont que les intermédiaires et du fait des risques encourus par les individus.
► L’économie financière d’endettement et de crédit est caractérisée par : une grande part de domination des flux monétaires. Ils sont moins flexibles. Ils sont plus onéreux car ils entassent les marges du taux d’intérêt. Leur efficacité dépend des performances des banques. Système stable car intermédié par les banques. Système moins risqué car il y’a économie d’échelle à condition qu’il y ait un prêteur en dernier ressort qu’il soit puissant et libre de ses moyens.
B. Les influences de l’IF sur les équilibres économiques et monétaires
Elle permet la correspondance entre l’épargne (CT) et l’investissement (LT). Les banques sont l’IF par la transformation financière (opération qui consiste à faire correspondre une épargne à court terme et un investissement à long terme) ou prêter à un terme plus long que celui du terme des ressources qu’on utilise. L’IF repose sur :
La possibilité de recourir à des ressources à CT pour avoir un volant de compensation des retraits internes.
Elle implique qu’on prête à LT une partie des ressources à CT.
1. L’équilibre économique et la croissance
L’économie financière de marché présente plus d’efficacité parce qu’elle peut sélectionner les plus dynamiques. On peut penser qu’une économie financière de crédit peut assurer un meilleur transfert de l’épargne vers l’investissement pour 2 raisons :
Elle satisfait mieux les besoins des épargnants et des investissements.
Elle permet d’assurer les investissements nécessaires. L’économie financière de crédit peut pratiquer une épargne anticipée (keynésienne) c’est la meilleure des choses, car permet de mettre au travail les capacités inemployées.
2. Equilibre monétaire et l’offre de monnaie
L’économie financière de crédit suppose un processus de création monétaire facile et accéléré et les BC doivent jouer un rôle actif. Une économie de marché est une économie plus instable qui a moins tendance à l’inflation et une plus grande réactivité au taux d’intérêt.
Section 2. Le système financier français
I. Les traits caractéristiques généraux
1ère phase : 1945-1980 économie financière de crédit.
2ème phase : 1980 influence de l’Europe dans l’économie financière de marché.
A. La situation traditionnelle
a. Du point de vue structurel, un système centré sur deux pôles : banque de France et Trésor - Caisse des dépôts.
La banque de France était nationalisée est devenue le tuteur du système bancaire français. Système dépendant totalement de sa liquidité. La BF maîtrisait tous les réseaux des IF monétaires et une bonne partie de ses réseaux des IF monétaires a été nationalisé par le général de Gaulle.
Le Trésor c’est l’Etat dans sa personnification financière. Le Trésor par l’intermédiaire des organismes non financiers, non monétaires (correspondant financier) maîtrisait l’autre moitié du système non monétaire.
b. Du point de vue fonctionnel, les caractéristiques d’une économie financière d’endettement
Caractérisé e exclusivement par un marché monétaire verrouillée par la banque de France qui assurait la liquidité des banque et des agents non financiers, système en banque.
Les marchés étaient extrêmement cloisonnés sur les échéances. Les banques d’investissements assuraient les investissements à LT. Le Trésor ou la banque de financement assurait le marché. L’essentiel de la connexion entre l’épargne et l’investissement se faisait par le Trésor.
A. L’évolution
a. Les causes
La réglementation de l’ancien marché financier français est peu à peu apparue comme une
Source de dysfonctionnement dans les modalités de financement de l’économie.
Cette réglementation était inspirée par un souci de sécurité des épargnants et des entreprises
Qu’il convenait de prémunir contre des faillites à répétition d’institutions financières mais aussi par un souci de la politique économique nationale contre des mouvements erratiques de capitaux.
Cette réglementation conduit à :
• Une spécialisation des institutions financières en fonction des opérations autorisées.
• Un encadrement strict des taux d’intérêt en fonction de la nature des créances ou des crédits.
• La régulation administrative des taux d’intérêt et la part importante des crédits bonifiés dans
L’ensemble des crédits distribués a laissé les taux d’intérêt réels à un niveau le plus souvent négatif.
b. Les conséquences : décloisonnement, désintermédiation
Evolution du mode de financement observée en France depuis les années quatre-vingt et caractérisée par la préférence croissante des agents pour le face-à-face direct entre l’épargne et l’investissement (par le truchement des titres tels qu’actions ou obligations), au détriment de la transformation bancaire ; on dit aussi "intermédiation de marché" (par opposition à l’"intermédiation de bilan" caractérisant la transformation bancaire).
c. L’état actuel
La loi bancaire de 1984
Loi bancaire avec son article 52 qui prévoit que le gouvernement peut “inviter les actionnaires” à soutenir une banque en difficulté. La loi de 1984 a créé les instruments de développement de la gestion collective. Les banques vont utiliser ces instruments pour entraîner l’épargne dans les projets pour lesquels elles cherchent des fonds propres.
Par ailleurs la désintermédiation conduit les banques à recherche les prestations de services : financement de projet, financements structurés (titrisation...).
CT : banque de dépôt : BNP et autres...
LT : banque d’affaires.
CT, LT : banque universelle.
La loi de modernisation des AF.
La loi de modernisation des AF de 1976 a apporté à la loi de 1984 le complément sur les marchés financiers qui étaient verrouillées par les compagnies des agents de change qui avait le monopole sur les marchés. A côté des établissements de crédit, on a crée des entreprises des investissements mis sous l’autorité des établissements de crédits.
II. Les établissements financiers monétaires (ou établissements de crédit)
A. Les banques (ex « AFB » devenue FFB »)
1. Evolution historique : spécialisation, concentration, nationalisation
Au 19e siècle la banque a connu une faillite qui a décidé de la tradition française de la spécialisation. Jusqu’en 1984 on a les banques de dépôt et les banques d’affaires. A la fin des années 70, les 2 banques se sont séparées, c’est la bancarisation. La nationalisation s’est traduite par les fortes concentrations. Les 4 premiers établissements français ont été nationalisés.
2. Situation actuelle : spécialisation, déconcentration, nationalisation
Les banques sont déspécialisation c’est-à-dire q’u elle travaillent sur tous les secteurs et sont spécialisées à l’intérieur des groupes. La consolidation est le fait de la fusion des grandes banques. Les banques françaises sont très internationales par la colonisation car elles sont présentes au niveau international, mais peu présentes au niveau Européen.
B. Les réseaux mutualistes ou assimilés (cas particulier du CA)
Ce sont des réseaux de banques nées d’une volonté mutuelle. Il y’a le CA, le Crédit mutuel, les Banques coopératives...
Le CA est un réseau mutualiste inséré dans un réseau bancaire privé construit sous 3 étages :
La Caisse locale, la partie agricole du CA est devenue minoritaire.
La Caisse régionale.
Structure au niveau nationale :
Une structure qui représente la mutualité.
Une structure qui devient capitaliste (caisse nationale du crédit agricole).
Les réseaux mutualistes ont été favorisés par les réseaux publics, ce sont de très grands réseaux de fonds (beaucoup de guichets), ils apportent de la liquidité, ils placent de la liquidité.
C. Les réseaux des caisses d’épargne
Le Caisses d’épargne sont des réseaux qui apportent de l’argent aux caisses de dépôts et consignation.
D. Les sociétés financières
Il y’a aussi des sociétés financières qui sont très spécialisées par les ménages et aussi les entreprises.
III. Les intermédiaires financiers non monétaires
Ce sont des établissements qui sont ou ont été publics.
A. Les établissements de crédit non bancaires
Le groupe des institutions financières spécialisées
CN : crédit national
CEPME : crédit aux PME
CFF : crédit financier de France
....
Le cas particulier de la caisse des dépôts et consignation (CDC)
CDC fondée en 1816, elle a été la caisse centrale de toutes les caisses d’épargne. Elle a des missions de service public (financer les logements sociaux...)
B. Les autres instituions financiers
Les établissement d’investissement (EI : maison de courtage etc.)
C’est une appellation non française, c’est une catégorie créée par une directive européenne. Ces établissements se sont substitués aux gents de change, ce sont essentiellement des opérations sur le marché monétaire et financier (courtiers).
Les sociétés d’assurance
Les réseaux de grande distribution (carte Carrefour, carte Cofinoga...
IV. Les autorités de tutelle et de contrôle
La banque de France dans le système européen de BC
Chaque banque doit couvrir l’ensemble de ses engagements à hauteur de 8% = ratio Cooke.
Coefficient de transformation : transformation des échéances de ressources à LT.
La BDF avait 200 actionnaires, elle a été nationalisée en 1945, elle est restée étroitement subordonnée au gouvernement et au Président de la république. La loi de 1993 a accordé une totale indépendance à la BDF.
Fonction et rôle : elle insère au détail la gestion de la monnaie (monnaie fiduciaire) elle est la banque des banques, elle participe à la définition de la politique monétaire. Elle centralise les réserves de change.
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