En France on parle de plus en plus d’une perte d’influence de l’Etat comme agent économique compte tenu d’un « refus d’interventionnisme croissant et excessif des gouvernements ». A contrario, l’économie britannique est marquée par une tendance de retrait de l’Etat du milieu des affaires à travers des séries de privatisations.
1. Comparaison du rôle de l’Etat dans le modèle français et dans le modèle britannique.
Jusqu’à maintenant, l’Etat Français avait toujours été au devant de la scène économique à travers des efforts que l’on peut qualifier de régulateurs et surtout protecteurs de l’économie nationale. Il s’agit entre autre des programmes d’aide à l’emploi, au logement, à l’éducation ou encore à la santé. Il est également utile d’évoquer l’intervention de l’Etat dans le milieu salarial avec la mise en place d’un salaire minimum et la redistribution des revenus par la fiscalité.
Le modèle britannique, contrairement au modèle français, s’inscrit dans le cadre d’une politique de dénationalisation de l’économie dans l’optique d’améliorer, tant en terme de fonctionnement que d’efficacité, le système économique.
Toutefois le système britannique n’a pas toujours aussi libéral qu’on pourrait le croire. En effet cette privatisation répond à une volonté de réhabilitation de la santé financière des entreprises publiques britanniques à l’orée des années soixante dix.
L’Etat français assure le maintien de l’unité nationale et apparaît en garant des intérêts collectifs, notamment dans le domaine de la réglementation des marchés, des incertitudes, des transferts, etc.
A cet égard, particulièrement en ce qui concerne le domaine de la concurrence, l’Etat fait respecter le droit applicable aux organisations économiques internationales et aux grandes firmes. En outre l’exécutif entrave à l’efficience du marché à travers des externalités. Cela concerne des biens dont le caractère non marchand va plutôt dans l’intérêt collectif (niveau national d’éducation et de recherche ou pollution par exemple).
En France, la redistribution des revenus est un fait important visant à réduire les inégalités sociales (la fameuse fracture sociale) mais elle apparaît comme un facteur de découragement du travail, au même titre que certains « entitlements »
La position en retrait du gouvernement de la Grande Bretagne par rapport à l’économie a permis une meilleure santé financière. Toutefois cette amélioration de la productivité et des profits est le fruit d’une phase d’interventionnisme de l’Etat qui a remboursé une partie des dettes des entreprises avant d’entamer la phase de privatisation.
Au nom du libéralisme (le « laisser faire » d’Adam Smith) l’Etat français rejoint de plus en plus le modèle britannique en adoptant de nouvelles attitudes à l’égard du marché.
L’intégration au sein du marché européen est à l’origine d’une convergence et surtout d’une ouverture des économies, « on passe de la richesse des nations à la richesse du monde ».
2. L’importance de l’innovation dans la croissance industrielle et dans la compétitivité.
L’innovation est avant tout une source importante de développement économique.
Ceci découle de l’interaction entre trois facteurs que constituent la main d’œuvre, le capital et la technique. En effet, une économie qui innove a forcement une certaine santé financière et dispose de la main d’œuvre qui est nécessaire à ce « bond en avant ».
Il est utile de noter que du fait de la convergence, sous l’effet de la mondialisation, les économies nationales et surtout les industries ont tendance à reproduire le même schéma au niveau de la production. Les offres de produits sont plus ou moins identiques partout.
Si on se réfère au cycle de vie d’un produit on constate qu’assez rapidement toutes les entreprises s’approprient un produit à l’origine découvert par une d’entre elles. Un produit nouveau devient ainsi assez rapidement banaliser.
Pour être compétitif il faut toujours faire ce que les autres ne savent pas faire, en tout cas pas encore.
On peut affirmer que le retard technologique constitue un frein important à l’emploi. Nous pouvons par exemple analyser les chiffres de notre tableau et il apparaît que les Etats Unis qui ont la croissance technique (au sein de l’industrie) la moins importante entre 1960 et 1995 ont également la croissance d’emploi la moins importante. En fait pour les trois pays (Etats Unis, France et Allemagne) le développement technologique, et donc l’innovation, est fonction croissante du capital et de l’emploi ; le Royaume-Uni constitue une exception à cette règle.
3. La flexibilité du coût du travail en France et en Grande Bretagne
Le domaine salarial a toujours été marqué par une certaine rigueur dans les deux pays. L’Etat a exercé une forte influence dans la gestion du rapport salarial en France. Ainsi les négociations de branches mises en place à partir de la fin des années soixante (sur les problèmes de qualification ou de réduction du temps de travail) a exclu les salaires.
Pendant cette période, en Grande bretagne, on relève de multiples facteurs de durcissement de la politique économique accompagné d’une réduction du pouvoir des syndicats.
En 1993 on assiste à la suppression progressive du taux de salaire minimum ainsi qu’une baisse des compétences des conseils salariaux.
Dans les deux pays l’Etat introduit progressivement une certaine flexibilité des
salaires, en particulier pour répondre à un besoin de relance de l’embauche. En Grande Bretagne cette baisse des coûts de la main-d’œuvre a été mise en œuvre par une baisse de la fiscalité et d’une baisse des charges patronales. En France, l’Etat a introduit une plus grande flexibilité dans le système législatif avec des mesures comme les contrats de solidarité ou des stages en entreprises pour les jeunes et de nouveaux termes particuliers d’emploi comme le travail intérimaire, le travail à temps partiel ou encore à durée déterminée.
Ces emplois atypiques qui se développement en France commencent à avoir de l’importance en Grande Bretagne avec des contrats à temps partiel représentant 29% des salariés. A partir 1997, avec le retour au pouvoir des travaillistes, la tendance est à une certaine inflexion avec entre autre le rétablissement du salaire minimum et une plus grande attention portée aux problèmes d’éducation.
En France, le début des années quatre-vingt correspond une déchirure avec le passé avec la réduction du temps de travail et une individualisation des salaires.