Monnaie et liquidité
2 avril 2006
Section I : Les diverses formes historiques de la monnaie
(Les différentes interprétations de l’évolution : technologique, économique, politique)
On peut avoir une interprétation technologique : papier.
Une interprétation économique : les formes monétaires ont répondu au besoin de l’économie (monnaie papier).
Interprétation politique : les formes de monnaie correspondent à l’effort du pouvoir public pour mettre la main sur la création du pouvoir monétaire et si possible la contrôler.
I. Société agricole ou militaire, traditionnelle et monnaie marchandise
A. Les marchandises monnaie.
Ce sont les marchandises ayant une valeur monétaire.
B. Les monnaies marchandises métalliques
Monnaie métallique - monnaie faciale.
Valeur intrinsèque - la monnaie a une valeur qui appartient essentiellement à sa nature propre, et qui est indépendante des circonstances.
La masse monétaire dépend de la valeur de monnaie en circulation.
II. Sociétés artisanales et commerciales et monnaie de papier
A. Le papier certificat or
Les certificats d’or de papier vont être des assurances des orfèvres (banquiers) des garanties échangeable contre l’or.
B. Le papier - monnaie et ses règles d’émission
La monnaie est considérée comme endogène si son émission provient du fonctionnement du système lui-même.
Elle est exogène si sa création est décidée à l’extérieur du système. Cette distinction renvoie à la distinction entre le currency principle et le banking principle.
Derrière le papier monnaie correspond un stock d’or. Le régime d’émission :
Currency principle. C’est monnaie exogène, c’est-à-dire qui provient de l’extérieur du système auquel l’élément appartient. Exemple :
Pour 100 de papier correspond 100 or. Le nombre de papier est égal au nombre de la masse d’or. Mais il existe un problème d’établissement de valeur papier en or. La Livre devient une valeur internationale mais on ne peut émettre autant de Livre que l’on le veut.
Banking principle. C’est la monnaie endogène, c’est-à-dire qui provient de l’intérieur du système auquel appartient l’élément. Par exemple, les prix sont endogènes à l’économie de marché puisqu’ils sont déterminés par la loi de l’offre et de la demande.
La masse monétaire est considérée comme étant un multiple de l’or (100 or pour 200 ou 300 de papier). Mais il y’a un problème de suspicion. Le banking principle est le système qui a été instauré en France.
Loi de Gresham : Observation du fait que, lorsque deux monnaies métalliques circulent en même temps, la "mauvaise" (celle qui inspire le moins confiance) chasse la "bonne" (qui disparaît car on la thésaurise). Inéluctablement, une seule finit par s’imposer d’elle même.
III. Sociétés industrielles et monnaies d’écriture
Avec le besoin de financement des industries, il va être nécessaire de dépasser les limites de la monnaie de papier et donc d’inventer une autre forme de paiement, d’où cette idée de se contenter de simples jeux d’écriture qui seraient passés chez un tiers garantissant l’existence des ressources monétaires transférées.
A. La monnaie scripturale et les dépôts
Le support de la monnaie scripturale est le compte de dépôt en banque à partir duquel s’effectuent des dépenses et les recettes. Les dépôts circulent par des ordres de paiement (chèque, virement, prélèvement...). Mais le chèque en lui-même n’est pas de la monnaie mais juste un instrument de circulation.
B. Liaison et compensation entre formes de monnaie
La circulation de monnaie scripturale se fait à l’intérieur de chaque banque ou entre les banques par compensation d’écriture (clearing). Travailler en clearing consiste à compenser les achats entre deux ou plusieurs pays.
La correspondance entre monnaie scripturale et fiduciaire se fait à partir des réserves de la banque en monnaie fiduciaire (privilège d’émission de la banque centrale).
NOTA :
Monnaie métallique : valeur faciale = valeur intrinsèque.
Monnaie fiduciaire : billet et pièces (divisionnaire), privilège d’émission de la banque centrale.
Monnaie scripturale : somme des dépôts.
C. Notion de monnaie bancaire monnaie « centrale »
La monnaie bancaire est émise et gérée par les banques sur leurs comptes.
La monnaie centrale est celle créée par la banque centrale.
IV. Sociétés post-industrielles et monnaie électronique
A. S’agit-il d’une nouvelle forme de monnaie ?
Non !
B. « S’agit-il d’une privatisation de la monnaie » ?
Oui il s’agit d’un système de privatisation de la monnaie.
Conclusion :
Relativité du modèle historique de l’évolution des formes de la monnaie. Conflits et concours permanant entre la souveraineté monétaire publique et l’initiative privée.
Section II : La nature fondamentale de la monnaie
La monnaie liquidité par excellence
I. La succession des interprétations de la nature de la monnaie
A. La conception traditionnelle de la monnaie comme bien économique
La conception traditionnelle est assez simple et consiste à dire que la monnaie est un bien économique avec une offre et une demande comme les autres biens. On se pose la question à savoir si la monnaie est réellement un bien économique en tant que tel.
B. Les années 1930-1950 : la conception de la monnaie créance dette et l’analyse du
processus de création de monnaie scripturale (Keynes, Haberler, Kalecki)
Chaque signe monétaire est une richesse nette en tant que telle. Ce signe est inscrit dans un passif.
C. Les années 1960-1970 : la monnaie dans une théorie de financement
(Gurley et Shaw)
La monnaie ne préexiste pas au financement des activités économiques. La monnaie est au contraire générée par les activités de financement. Il y’a distinction entre monnaie interne et monnaie externe (créances sur l’extérieur).
D. Les années1980 : la monnaie est considérée comme une richesse nette
(Pesek et Saving)
Retour à l’idée de monnaie comme « bien économique ». On ne peut pas compter la monnaie comme une richesse. La monnaie en tant que telle rend des services donc elle est une richesse nette. La liquidité est un pouvoir de choix qui va être donné à la monnaie.
II. La monnaie, actif liquide par excellence
A .La notion de liquidité d’un actif.
Un actif en anglais asset, est une forme de détention de richesse. Pour François Perroux, la liquidité est une qualité d’un actif. C’est un pouvoir de choix indéterminé, général et immédiat. Il est indéterminé car peut porter sur n’importe quel bien. Il est général parce qu’il est accepté partout en toute circonstance dans un espace économique donné. Il est immédiat car il s’exerce sans médiation et sans intermédiaire spatial.
B. Les degrés de liquidités : pure ou primaire, secondaire et tertiaire :
Actifs monétaires, Actifs financiers, actifs réels
La liquidité primaire est la liquidité par excellence, c’est la qualité d’un actif qui peut bénéficier d’un pouvoir de choix indéterminé général et immédiat.
La liquidité secondaire ou quasi-liquidité. Dans ce cas il existe un petit barrage sous la forme de la nécessité d’une transformation nécessaire pour obtenir le fameux pouvoir de choix. Cette transformation nécessite soit un placement, soit du temps. Une liquidité secondaire est la qualité d’un actif qu’il faut transformer en liquidité primaire. Elle se présente sous la forme d’un dépôt avec un terme ou représentée par un bon papier ou un bon qui engage à échéances courtes. La plupart du temps il n’y a pas perte sur la valeur nominale, ce qu’on peut perdre c’est la rémunération.
La liquidité tertiaire correspond à des actifs à échéances théoriques plus éloignées comme par exemple des actions, des obligations ou tout titre de rente. On risque de perdre en revenu mais aussi en capital. Les actifs s’articulent les uns par rapport aux autres à partir du coût de leur liquidité.
Action : Titre de propriété transmissible, et généralement négociable à la bourse des valeurs, représentant une fraction du capital d’une société (société anonyme...), qui confère à son détenteur une série de droits.
Obligation : Titre représentatif d’un emprunt contracté par une personne morale (Etat, société...) pour un montant et une durée déterminée.
C. Le coût (ou le prix) de la liquidité : taux d’intérêt, gains ou pertes en Revenu et ou en capital
Le coût de liquidité c’est le taux d’intérêt, ce sera le coût en capital.
D. Les acceptions de la liquidité
Liquidité comme qualité d’un actif.
Par extension, ensemble d’actifs dotés de cette qualité : liquidité d’un agent, liquidité générale de l’Economie, liquidité bancaire...La liquidité bancaire est la quantité de monnaie central dont dispose les banques. La liquidité économique est l’ensemble des moyens dont dispose une économie nationale.
E. Notion de patrimoine, portefeuille, encaisse
→ Le patrimoine est l’ensemble des actifs dont dispose un agent économique qui possède des actifs réels tangibles (propriétés), intangibles (une marque, un brevet...), des actifs financiers et des actifs monétaires.
→ Le portefeuille d’un agent est l’ensemble de ses actifs financiers et monétaires.
→ L’encaisse est l’ensemble des actifs liquides au sein du portefeuille en principe il ne rapporte aucun gain en capital.
• La gestion de portefeuille correspond pour un agent à des choix plus ou moins à long terme portant sur le placement de son épargne et correspondant à des choix structurels.
• La gestion d’encaisse, dans la gestion d’encaisse il s’agit de choix à court terme déterminants le montant de liquidité pure à détenir en faisant la balance entre le coût de la liquidité pure et le coût correspondant à un manque soudain de liquidité.
Section III : Les fonctions (et les rôles) de la monnaie.
I. Les fonctions traditionnellement reconnues à la monnaie
(Optique micro économique)
A. La monnaie instrument de mesure ou de numération de la valeur : NUMERAIRE
Dans ce rôle la monnaie constitue un étalon de valeur, c’est-à-dire un bien dans le prix duquel on exprime le prix de tous les autres biens.
B .La monnaie instrument de circulation ou d’échange de la valeur :
ACTIF de PAIEMENT
Consiste à accompagner les marchandises des biens et services.
C. La monnaie instrument de transfert des valeurs dans le temps :
ACTIFS de FINANCEMENT
C’est un instrument de réserve de valeur mais pas seulement, c’est instrument de transfert permettant le transfert d’épargne des agents vers les investissements.
II. Les « rôles » qui peuvent être attribués à la monnaie
(Optique macro-économique)
A .La monnaie expression de la souveraineté et instrument de la
politique économique.
La monnaie peut être l’expression d’une souveraineté économique, c’est un instrument de politique économique.
B. La monnaie instrument de contrainte de domination internationale
Remarque : autres approches possibles de type sociologique ou anthropologique.
Section IV : La valeur (ou le prix) de la monnaie.
A. La valeur de la monnaie NUMERAIRE : valeur unitaire de mesure des prix
absolus
Mesure les prix absolus donc la valeur unitaire.
B. La valeur de la monnaie Actif de PAIEMENT
Valeur interne : C’est le pouvoir d’achat de la monnaie, ou la valeur de la monnaie en biens. C’est l’inverse du niveau général des prix. Ex : supposons qu’une pomme coûte 0.50€, cela signifie qu’1€ vaut 2 pommes. Le prix d’1€ c’est (1/p) c’est-à-dire (1/0.5) donc 2 pommes. La banque va éviter que le taux d’inflation soit trop fort.
Valeur externe : C’est le taux de change. C’est la valeur d’une monnaie dans une autre monnaie, ce qu’on appelle le taux de change. (dp/p) ou (1/p), le taux de change s’écrit en grec : ح
C. La valeur de la monnaie ACTIF de FINANCEMENT : Le Taux d’intérêt
Le taux d’intérêt dépend du temps de l’emprunt.
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