Problèmes sociaux
13 mai 2006
Section I. différents concepts de justice sociale
La justice libérale : c’est un concept tenant compte de mécanismes de liberté et du rôle de l’Etat dans la régulation des problèmes sociaux.
1. La justice commutative (JC)
Elle est différente de la justice distributive. La JC relève d’Adam Smith, Hayek, les Paressiens (famille de pensée attachée à Pareto). C’est celle qui est liée au bon fonctionnement d’un marché libre et concurrentiel.
Optimum de Pareto : l’objet est de maximiser le profit sous contrainte du revenu, une situation est optimale au niveau collectif quand on ne peut pas trouver une situation où l’on puisse augmenter l’utilité collective sans diminuer au moins celle d’un individu unique.
L’idée de la justice commutative est la notion de justice rattachée au marché, elle est liée au bon fonctionnement d’un marché libre et en concurrence pure et parfaite. Le marché est neutre, pourvu que le jeu de la concurrence pure et parfaite soit respecté. Les individus définissent librement les quantités de biens qu’ils consomment et les quantités de services qu’ils détiennent.
L’échange libre est donc juste. Cette justice est inscrite dans le seul cadre des échanges équivalents, on compare dans une relation commutative les marchés ; X et Y : X=Y et Y=X, on peut donc échanger librement X contre Y.
La justice commutative est une crise liée au principe du respect des libertés naturelles : droit de la propriété, droit à un toit, à la nourriture.
L’Etat doit faire respecter ces droits naturels et doit veiller au bon fonctionnement d’un marché libre. Pour les Classiques, il ne doit pas corriger les inégalités considérées comme justes après l’échange libre.
2. La justice distributive - J.S Mills
M. Rawl, Pareto : Les inégalités se transmettent de père en fils et deviennent des inégalités subies depuis la naissance.
La justice distributive admet l’existence d’une inégalité originelle. C’est Mills qui fut le premier à prendre en compte ces inégalités. Son approche consiste à distinguer la liberté commerciale, qui est pour lui une condition de l’efficacité économique, de la liberté personnelle où réside le concept de justice.
Contrairement à ses successeurs, il considère que ce principe de liberté commerciale est toujours en conflit avec la liberté personnelle à laquelle il donne la primauté. Pour surmonter cette différence, il propose que les individus puissent concurrencer avec les mêmes chances.
J. S Mill complète la justice commutative par le principe de l’égalité des chances pour aboutir à une conception distributive de la justice.
La justice distributive relève de deux principes :
La justice résultat ou téoléologique qui définit la justice en fonction des Conséquences que produit un mode d’organisation de l’économie sur la répartition de la richesse ou du revenu.
La justice procédurale ou déontologique : définit la justice d’après les règles qui caractérisent l’organisation, qui mettent l’accent sur les mécanismes : même possibilités de gain.
Dans la réalité le système de la justice procédurale profite aux classes aisées (Etudes de sociaux de Bourdien), les impôts de pauvres financent en pratique les études des plus riches. Il dit qu’à partir d’une procédure juste on aboutit à une inégalité de fait.
Pour un ultralibéral, la justice procédurale peut être acceptable. Les libéraux proposent dans le system d’université de Bourdien. Friedman considère qu’il consiste à adopter un système d’université payant mais assorti de bourse pour les étudiants aux revenus les plus modestes.
L’égalité procédurale permet en réalité au dominateur de légitimer et renforcer leur domination car, selon Bourdien, si les faibles se trouvent à arme égale avec les plus forts ils n’auront pas la possibilité de faire le poids.
La justice téléologique (ou justice résultat) : abandon de l’égalité formelle. On cherche à aboutir à un résultat égalitaire ou une égalité concrète. Celle-ci justifie un traitement inégalitaire dès lors qu’il permet d’atteindre l’égalité : principe de la discrimination positive. ex : système des quotas concernant le nombre de femme au parlement (30%) ou concernant les salariés handicapés dans une entreprise.
Quand on produit l’égalité des hommes et des femmes, on cherche par ce principe une égalité effective. On ne cherche pas à traiter les femmes et les hommes de la même manière, mais à leur donner les mêmes chances.
La critique de ce système est qu’il aboutit à la marginalisation. La catégorie qu’on veut aider passe du statut d’assuré à celui d’assisté.
Section 2 : les critères de la justice
1. Le critère utilitariste
Les objets de la doctrine utilitariste : l’objet est de déterminer un nombre aussi réduit que possible de prescriptions morales et de lois juridiques nécessaires à l’organisation rationnelle de la vie en société.
Principe du plus grand bonheur pour le plus grand nombre (Benthan) : cette norme est l’élargissement au niveau collectif d’un principe d’utilité défini au niveau individuel (maximisation de l’utilité).
Au niveau microéconomique, est considéré comme juste pour un être rationnel le choix qui maximise l’excès d’une somme de plaisir sur une somme de peine. Sera donc socialement juste l’organisation de la société qui assure le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
Benthan et ses disciples montrent que le principe d’utilité en morale est équivalent au principe de l’attraction universelle en physique. La nature place l’humanité sous le gouvernement de deux maîtres souverains : la peine et le plaisir.
Cette doctrine est foncièrement individualiste.
On retrouve le principe utilitariste dans la pensée économique dans la mesure où il fonde toute analyse du choix des consommations. Ce principe devient une prescription normative imposée à l’agent économique dans la théorie du bien être.
Principe normatif : on cherche à définir ce qui est bon ou non pour l’agent économique.
Le principe de l’utilité correspond à une morale du résultat. Le principe de d’utilité est contraire à la morale religieuse qui ne conçoit pas q’une vie privée puisse engendrer la vertu publique.
Le rôle de l’Etat : dans le passage de la morale individuelle à la morale collective, l’intervention d’un arbitre impartial et bien informé s’avère nécessaire.
1° raison : la recherche parmi tous les états possibles de l’organisation de la société suppose qu’on soit capable d’agréger des utilités individuelles en un indice traduisant les utilités collectives. Une fois cet indice défini, il suffit de choisir l’état social.
Il faut conditionner la forme des utilités marginales de ceux la pratiquant et de ceux la subissant.
2° raison (éthique) : la somme algébrique des comportement individuels n’est pas évidente. L’extension au niveau collectif du principe d’utilité individuelle peut être interprétée de deux manières : - affirmer que les égoïsmes s’harmonisent d’eux mêmes et produisent un bien être plus optimal.
- Bentham et les utilitaristes du 19° s. qui adoptent partiellement le principe de la main invisible, harmonisation des comportements individuels. Une admission que l’intervention de l’Etat est nécessaire pour aboutir aux bien être collectif.
Critique de ces résultats utilitaristes du XIX° s. : d’un coté on permet à l’individu de maximiser son comportement sans se préoccuper de l’ensemble collectif. D’un autre coté, on lui permet d’accepter l’intervention de l’Etat pouvant prendre des mesures contre son comportement personnel.
Cela peut justifier des modes d’organisation sociale des plus totalitaires où l’Etat législateur peut sacrifier un individu ou une minorité pour réaliser le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. On atteint l’équilibre quand les fonctions d’utilité sont égales.
2. Optimum de Pareto
Sans l’Etat, on essaye de démontrer qu’on aboutit à un optimum collectif. Le point de départ de l’école de Pareto se situe dans son livre. Quand on parle de l’écho paressienne, elle n’est pas conforme aux propositions originelles de Pareto
Pour Pareto, le critère de justice s’énonce "la moindre justice pour le plus grand nombre" qui se réduit chez les paressiens par le refus du moindre sacrifice.
Le critère du moindre sacrifice pour le plus petit nombre : l’individu est le meilleur juge de son bien être. Il distingue deux types de satisfactions de l’utilité individuelle : - La satisfaction de nature strictement économique provient de la consommation de bien Lambda
- La satisfaction individuelle qui n’est pas d’ordre économique qui est appelée utilité. Elle repose sur les relations humaines, affectives, morales ou politiques que l’individu entretient avec les autres membres de la société.
3. La théorie de la justice de Rawls
Rawls distingue deux types de procédures :
La procédure pure : pour Rawls, une procédure de justice est pure s’il n’y a pas de critère externe pour déterminer le résultat à l’avance (ex PMU) . C’est une procédure équitable.
La procédure est pure si les règles ont été bien appliquées ou si le résultat n’est pas atteint. Une procédure pure est marquée par le hasard, le résultat ne peut pas être deviné à l’avance...
La procédure parfaite : est plus exigeante que la première. On se fixe un résultat à l’avance et on tente d’obtenir ce résultat, on met tout en oeuvre pour atteindre le résultat qu’on s’est préalablement fixé. Ex demander à quelqu’un de partager un gâteau entre plusieurs personnes de sorte que tout le monde ait la même part et celui qui partage doit se servir en dernier de telle sorte qu’il fera attention à ce que tout le monde ait la même part que lui. Celui qui partage sait à l’avance le résultat qu’il veut obtenir, que tout le monde ait la même part, et il fera tout pour y parvenir d’autant plus qu’il y a intérêt.
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